VIERGE

ENSEMBLE

TEMPO : dansé
ESPACE : large
FLUX : stylé
POIDS : non renseigné
RELATION : partagée

Pour quatre, se mettre en duo. Les deux duos effectuent la même danse en « miroir ».

LA DANSE COMMENCE

Face à face, grand cercle d’un bras sur le plan sagittal. Les doigts sont moteurs, commencer du bas du corps. Le coude n’est pas tendu. S’insérer dans une ligne au niveau des épaules. « Rabattre » le bras par le poignet pour toucher l’épaule la plus proche, la paume est vers le sol, le bout des doigts face le côté. Inverser par symétrie la position de la main. Longer une ligne horizontale jusqu’à « placer » devant la deuxième épaule. Libérer la jambe du côté opposé du bras en mouvement pour la poser dans une diagonale à l’arrière. Le buste se tourne, le plexus signale un petit va-et-vient, comme pour gommer du crayon à l’avant. Rejoindre des doigts de la main libre, la construction devant l’épaule. Épouser par la peau du haut de la main la paume de l’autre déjà en place. Serrer les poings, investir une tension qu’on libère en un jet devant, pour se ranger au bas ventre en gardant l’accroche. Un nouveau grand cercle devant soi et se déplacer jusqu’au dos de l’autre, l’un.e passe par la droite, l’autre par la gauche. L’un.e passé.e par la gauche, attrape la taille de l’autre, plie profondément et déporte le corps de son·sa partenaire jusqu’au côté. Ne pas hésiter à reprendre le porté à plusieurs fois pour s’assurer des prises. De ça, se donner la main et tendre les bras en contrepoids. On voit se dessiner une sorte de trapèze entre les deux corps. Le bras libre est lâché dans l’appréciation de la gravité. Revenir au-dessus de ses pieds et, l’un.e amène l’autre devant lui.elle pour l’encercler, une ondulation commune en transfert sur les talons et un contre temps pour expulser en « sautillé » l’autre qui retrouve la formation à côté. Se montrer les dos, un rapide regard, naissance d’un rire et la jambe est lancée latéralement. Le haut, – bassin, colonne, tête – s’aligne sur celle-ci. Ramener la jambe en l’air devant l’autre de terre et profiter de l’élan pour effectuer un tour sur soi-même. Un léger flottement en écho aux spirales et finalement se ranger côte à côte bras dessus-dessous. Un rond d’épaule et une chute à l’arrière pour se relever dans le face à face du début.

S’autoriser à traverser plusieurs fois la matière, jouer avec ses paramètres, tester un « ensemble » entre les duos, sans oublier de se rappeler le jeu infini qu’est la danse dans ce qu’elle a de plus emportant, c’est important.


PAS 1 ET PAS 2

TEMPO : désordonné
ESPACE : intérieur à extérieur
FLUX : modéré
POIDS : une liste de courses
RELATION : innoncente

Danse de marche où l’on voudra alterner deux fois pied gauche puis deux fois pied droit. Se placer dos à un mur.

LA DANSE COMMENCE

On prend conscience des zones en contact avec le mur à l’arrière et l’air à l’avant. Il est tout à fait possible de s’ajuster en augmentant ou réduisant, selon notre gré et dans un souci de confort, ces touchers. On peut s’abandonner par les omoplates et simplement, sans aller jusqu’à tomber, affaisser le plexus. Poursuivre en alternant les points d’attention. Se concentrer sur la surface occupée par les fesses, le crâne, les genoux ou encore les épaules. On goûte à un large plié et on lève les bras dans l’intention d’un étirement. Après l’arrivée du bâillement, se préparer à entrer dans l’espace et quitter, en le remerciant, l’appui vertical.

Prendre deux pas du pied gauche. En trouvant moyen de ruser, en sautillant ou en glissant par exemple, s’attarder sur l’entre-pas. Définir pour soi le moment fatidique du transfert, celui qui fait que pas 1 devient pas 2 sachant aussi, que si pas 2 est pas 2 il le doit à pas 1. Que reste-t-il de pas 1 dans pas 2 ? Comment pas 2 en s’adaptant à pas 1 me conforte dans mon déplacement ? Est-ce que pas 1 donne forcément pas 2 ou que pas 2 est plutôt une actualisation de pas 1 ? Combien de temps dure pas 1 et combien de temps me donne pas 2 ? Pas 1 et pas 2 sont-ils pour moi des arrivées ou une suite de gestes m’amenant dans une nouvelle position ? Comment je considère pas 1 ? Est-il possible dans la réalisation de pas 1 d’être déjà dans l’attente de pas 2 ? J’ai commencé du côté gauche, en quoi cela modifie mon pas 1 et 2 ? Est-ce que mon genou préfère pas 1 ou pas 2 ? Qui vient avant l’autre, qui succède à l’ancien et annonce le nouveau ? Réitérer les pas autant de fois que nécessaire en se risquant même jusqu’à passer du côté droit.

Étoffer cette liste de nouvelles observations et garder à l’esprit que peut être ce qui fait pas 1 et pas 2 est ce qui me permet de varier entre pied gauche et pied droit et qui, de fait, peut m’occuper dans le temps d’un trajet.


POUR QUELQUES PLIS

TEMPO : pétillant
ESPACE : pluvieux
FLUX : non renseigné
POIDS : trois fois la Recherche de Proust
RELATION : distante

En hommage à l’origami, le corps évolue entre deux fines pages de papier.

LA DANSE COMMENCE

Tout est question de position, on range donc les deux pieds dans un même rail. Les yeux sont appellés vers le ciel, la bouche entrouverte. On apporte une tension à l’image globale en laissant naitre une « demi pointe » pour le pied à l’arrière. Le sang commence à s’activer et nous renseigne sur la condition du bas dos. Une forme de tache se dessine a mesure que le sacrum se rumathise. D’abord, une légère brise vient carresser le pli de l’aisselle rendant difficile la sérenité du paysage. Quelques sons hèlent l’entièrété du tronc. Le périné, en réponse, inscite un afaissement du pied à l’avant. Le corps ne peut s’empêcher d’être emporté et faire se froisser la scénographie-papier. Ensuite, la brise s’intensifie, la température chute pour ne pas manquer l’entrée des grèles. À leur contact, le visage se met à fondre et oblige le menton, devenu solennel, a chercher l’appui du plexus solaire. La chute parait inévitable.

La danse se termine lorsque l’interprète se confond au sol, qu’il ne trouve plus bon de ponctuer sa descente d’élévations et résistances de la part de la peau.