SCORPION

POUR CONCLURE, lue par Lisa juste ici

TEMPO : posé
ESPACE : interne
FLUX : étendu
POIDS : agile
RELATION : mécanique

Itinéraire entre espace et temps.

LA DANSE COMMENCE

S’il est question d’espace.

Pour l’avancée d’un corps en diagonale, pour le tracé d’un bras ou le dessin d’un pas. Dans des frontières souples et modulables, entre un plat et un autour, enveloppant, distant, défini. Un jeu entre dimensions que j’habite, que j’investis, que je parcours. Des idées de plans, un rectangle austère et lugubre qui devient par la force de l’esprit, de ce que j’y donne à voir, le plus beau des champs, le plus saturé des intérieurs. Cet espace et mon espace, cohabitent entre une forme, une action ou encore un rituel que j’exécute en monnaie d’échange. Le corps, dans tout son espace propre et personnel, est au service de cet autre espace. Je ne lui ajoute des contraintes que pour essayer de définir au mieux, de m’emparer au plus, de ce tout autour porteur que l’on appelle si bien espace de la danse.

S’il est question de temps.

Je m’empresse de l’attraper, je tente de lui passer devant. Je le vois me filer entre les côtes jusqu’à le subir et lui donner raison dans la façon dont mon corps va se mouver. Je me laisse embarquer dans son gout, qu’il risque ou non, dans son compte, qu’il appelle ou non, et dans tout son temps qui fait qu’il est temps. J’y suggère une vitesse, un flux, et, comme pour un montage, j’agence pour rythmer dans la peur peut-être d’ennuyer le public, mais surtout pour la sensation de maitrise de ce paramètre tantôt magnifique tantôt infernal. J’espère peut-être, dans le temps de ma danse, pauser ce qui ne se pause pas, retourner ce qui ne se retourne pas, avancer ce qui ne s’avance pas, ou simplement tenter de me déplacer entre les fuites de temps.


SWIPE ÉFFECTUÉ

TEMPO : quotidien
ESPACE : à soi
FLUX : aspiré
POIDS : smartphone
RELATION : gêne

Introduction au mouvement du « swipe ».

LA DANSE COMMENCE

De l’extérieur de l’espace, entrer en trot. Chaque pied se succèdent en une poussée ou un tapé au sol. Répéter jusqu’à reconnaitre précisément les paramètres de cette légère course et s’autoriser à la réaliser « sans plus y penser ». Dans ce deuxième temps, lever la main droite devant soi, doigts écartés. Double tapoter de l’annulaire – clic-clic, tap-tap, ou autre pam-pam – en considérant la pulpe comme témoin. Une grande inspiration et serrer paumes et doigts en poing. Les cervicales restent mobiles, les yeux se posent curieusement. Accentuer la pression pour ne pas laisser au creux pouvoir de s’étendre, un liquide ou un son peuvent en sortir. Après écrasement total du contenu, glisser par sa tranche l’index le long du pouce. Faire se rencontrer les pulpes et amener les deux dans une extension à l’avant. Les autres doigts, en réponse, se déplient vers le haut et s’agencent en éventail. Maintenir la position et à la prochaine expiration, engager l’épaule dans un cercle sur le plan sagittal. Réitérer si besoin, le geste doit être continu, le tour aisé. Au prochain point le plus haut, ranger le coude dans un toucher avec la cage thoracique, frotter les deux ensemble pour épousseter le point de rencontre. Reposer l’épaule et aller piquer en symétrie la réunion pouce-index en s’assurant de garder à niveau le poignet. De cette opposition, tracer une ligne horizontale vers la droite comme si dans l’entre-pulpes s’était logé un crayon. Aller dans l’extrême du mouvement, généralement jusqu’à le déplacer sur le côté. Un petit craquement à l’intérieur et, ici, le coude saute pour tendre le bras entier, une ligne parallèle au plan de support se dessine. Faire tomber au sol la posture de la main : réunion pouce-index et doigts éventails. Attendre quelques instants, et écouter la résonance du « swipe » effectué. Poursuivre la pratique dans l’espoir coquin d’un « match », alterner le bras et ponctuer de quelques pauses.


À ADAPTER

TEMPO : apocalyptique
ESPACE : planétaire
FLUX : local
POIDS : au bord du gouffre
RELATION : coopérative

La réalisation de cette danse semble impossible si elle n’est pas adaptée. On visualise l’espace comme une sphère. Pour un accord commun, on imagine qu’à la surface de cette sphère, on y voit représentés tous les liquides et solides de la planète terre.

LA DANSE COMMENCE

Démarrer d’un point A, coudes au sol. Laisser la tête se gonfler à la pensée d’un point B. L’accès à ce point B doit nécessairement engendrer un saut exceptionel. Se renseigner sur l’état de contraction entre les deux omoplates. Lorsque la pensée du point B remplie totalement les creux du crâne, le corps est alors soulevé de manière linéaire sur 200 mètres de hauteur. Profiter et gouter particulièrement l’avant-quitter du sol, l’appui sur la pointe du pouce doit apporter une sensation originale et encore inconnue. Après les premiers 100 mètres, l’ascension est facilitée par un mouvement frénétique de croisements avant-arrière entre les deux jambes. Les pieds sont vides, le bassin ne doit pas montrer résonnence à l’intention des jambes. 30 mètres au dessus, les bras s’alignent aux épaules conduis par les poignets, les coudes sont relachés et dans un sensation de vertige. 5 mètres au dessus, les paumes des mains engagent des rotations, la pensée de la fin de l’ascension confère une détente des viscères. Aucun changement n’est à signaler pendant les 45 mètres suivants. Les derniers 20 mètres font tourner l’ensemble du corps sui lui même, le rythme connait quelques fluctuations, propres au désir de l’interprète. Sur le temps des 2 mètres avant 200, la position se décompose, le corps est entièrement investi dans un allongement sur le plan transversal. À l’arrivée… prendre quelques instants pour observer l’horizon, et pour conclure… ne pas aller jusqu’au point B mais revenir dans la position initiale dans l’espace du point A.