SAGITTAIRE

À DEUX

TEMPO : plat
ESPACE : partagé
FLUX : scientifique
POIDS : versé
RELATION : non renseignée

Danse pour deux. Choisir une position de départ.

LA DANSE COMMENCE

D’une respiration commune, accepter le dépôt de chacun des corps.

Si la position est en contact, délimiter les zones de rencontres en imaginant appliquer une couche de couleur entre les peaux. Opter pour une teinte vive sur les membres inférieurs et un pastel sur les membres supérieurs. Procéder comme cela pour tout les touchés, appuyés, posés et aller jusqu’à pouvoir les cartographier complétement. Rester dans l’idée de précision et noter mentalement les observations pour ne pas les oublier. Pourquoi ne pas aussi installer une sorte de code en fonction de la qualité de toucher. Se dire que, dépendamment de la densité ressentie, on dépose la couleur en hachures, en plein, en points, en traits, en triangles, en cercles, en carrés, en toutes les autres formes possibles comme impossibles, mais qui auront le plaisir d’être choisis pour ce qu’elles évoquent et renseignent sur la situation.

Si la position n’est pas en contact, qualifier l’air d’une densité particulière et s’amuser à évaluer des mesures de distance entre ses articulations et celles de l’autre. Proposer par exemple qu’entre ma clavicule gauche et son talon il n’y a qu’un pas, que 13,6 cm, que l’équivalent de deux fois la taille de ma main ou tout autres données que je décide d’attribuer à ces liens. Faire se croiser les mesures et enrichir le plan de lignes que l’on trace pour chaque rapport, en étant particulièrement attentif·ve au point de départ et d’arrivée des lignes que l’on détermine. L’épaule est-elle un point complet ou plutôt j’avise de cibler précisément et uniquement l’espace d’insertion de la clavicule ? Puis-je, pour assembler mes hanches et son poignet, pointer le centre entre les deux articulations ou le joint de l’une ou l’endroit le plus interne de l’autre ? Au fil de l’exploration, voir le tracé s’enrichir et une toile, un filet se composer.

Pour les deux, amener ensuite son inventaire à l’autre, créer des ponts, expliquer ses légendes, signaler l’empreinte et savourer les égards communs pour ce qui a été découvert, relation.


POUR QUElQUES GOUTTES

TEMPO : pompeux
ESPACE : fauteuil
FLUX : sanguin
POIDS : ventre vide
RELATION : non renseignée

Danse de prélèvement. S’asseoir confortablement sur un fauteuil à accoudoir ou adapter. Je conseille d’être à jeun.

LA DANSE COMMENCE

Deux grandes inspirations-expirations en signe de début. Garder le tronc actif, les pieds sont croisés. Les deux mains se joignent un cours instant dans un frottement amical sans enchevêtrer les doigts. La main gauche se libère et rejoint curieusement le poignet droit. Essayer au maximum, d’encercler le bas du bras. La cage thoracique se relâche et se déroule dans l’assise. Le regard est porté sur le bracelet main gauche sur poignet droit. Entamer une remontée le long du cylindre du bras en respectant scrupuleusement la forme. Apprécier le sortir du contact – si votre corps l’a permis – entre le pouce et l’index. Arrêter la montée au dessus du coude, milieu du biceps. Le bras droit est détendu, le dos de la main en contact avec l’accoudoir. La main gauche esquisse un cercle à l’avant pour aller finalement s’agripper de toute la surface de la paume sur l’accoudoir gauche. A ce moment, la tête se détend et l’arrière du crâne rencontre le sommet du fauteuil. Le nez s’oriente sur la gauche, les yeux se ferment puis une profonde inspiration. À l’expiration, l’intérieur du coude droit se révèle, il demande à considérer les veines. Le poing droit se serre, la bouche s’ouvre, l’oreille tend. Un simple picotement et l’on sent alors un liquide, du sang couler le long de l’avant bras. Garder la tête sur la gauche, détendre les épaules. Pour ne pas gaspiller, un tube se positionne pour récupérer le sang à la chute. La danse se terminera lorsque trois tubes auront été éprouvés. Un léger flottement, une sensation de fatigue, un tournis. Dans l’attente de la fin, estimer le temps, privilégier un bercement du corps entier dans l’espace fauteuil et se détendre comme en rêvant une boule de coton pressée au corps par une bande d’adhésif.


SOLIDE

TEMPO : vivace
ESPACE : direct, moderne
FLUX : jet de pierres
POIDS : ramassé
RELATION : charmeur

La danse commence debout, les pieds serrés. Le centre est tenu, les abdominaux travaillent. La concentration est éparse. C’est une succession de mouvements vers l’avant, d’étapes à franchir et à exécuter parfaitement. Nous préconisons un échauffement tonique et technique des muscles et des os.

LA DANSE COMMENCE

Les talons se lèvent et restent en contact, une marche initiée par les genoux transperce activement la globalité de l’espace. Sagittaire montre ses dents, la mâchoire est en feu. Les narines s’écarquillent. Les bras sont propulsés frénétiquement jusqu’au bout des directions primaires. Des bruits gutturaux peuvent sortir à mesure que la frénésie de sagittaire s’accentue. Lorsque qu’il a parcouru spacialement un carré ou un triangle, il se lance dans l’exploit de sa virtuosité. Les jambes se lèvent, les bras servent, de petits soubresauts apparaissent, la respiration est haletante. Il cherche à revivre des situations déjà éprouvées en s’adonnant à une transe de dépassement de soi.

La danse doit pousser dans un extrême d’épuisement. L’effort doit donner résultat.