CANCER

RAS-LE-BOL

TEMPO : inconstant
ESPACE : linéaire
FLUX : rêche
POIDS : déplacé 
RELATION : nouvelle

Danse de petit déjeuner. Avoir un bol en face de soi.

LA DANSE COMMENCE

Amener un index au devant de soi, ongle face au visage. Un léger soupir, vécu comme un jeu avec les intercostaux, amène le sens du doigt à s’inverser. Bout vers le bas, à placer en contact avec le rebord du bol. Le moment de la rencontre, aussi inévitable soit-il, peut dégager un léger sursaut de surprise, un goût de toucher plutôt méconnue. Tapoter pour imprimer la sensation si nécessaire. Du point de contact, dessiner, sur le plan transversal, un cercle en ne mobilisant que les phalanges. Souhaiter la bienvenue à l’articulation métacarpophalangienne. Revenir au point initial. Re-dessiner un cercle, sur le même plan, en ajoutant le reste de la main. La rotation se concentre dans le poignet. Adapter la hauteur générale du bras pour fluidifier au maximum le mouvement. Re-revenir au point initial. Re-re-dessiner, encore sur le même plan, un cercle en isolant cette fois jusqu’au coude. Re-re-revenir au point initial. Re-re-re-dessiner et un cercle en libérant l’épaule et avant de revenir vous savez où.

Garder le bout du doigt sur le point et se remémorer en s’expliquant précisément les différents chemins d’entrée dans le mouvement. Lorsque le coude était mobile, l’ai-je intégré ou ai-je seulement continué d’isoler et poursuivre le cercle uniquement du poignet ?

Il est possible d’alimenter cette gymnastique jusqu’au moment du « juste avant d’être en retard » ou d’accepter aussi de s’arrêter là et de n’éprouver comme simple retour sur l’expérience, que l’envie de retourner au chaud, dans l’allongé du lit.


COMME UN CHÈQUE

TEMPO : pécuniaire
ESPACE : fluide
FLUX : réceptionné
POIDS : échangé
RELATION : administrative

(Sur un plan plus expérimental)

IMPORTANT : J’accuse réception de votre danse du jour.

Avant d’utiliser votre premier signe, confirmer ladite réception en prenant place dans votre espace.

Et,

En cas de perte ou vol de votre danse du jour,

Faites immédiatement opposition :

depuis votre espace et auprès de nos chargé.e.s de clientèle sur notre site www.unsignepourtoi.fr dans la rubrique « contact » ou directement au + 33 6 17 77 44 67 (appel non surtaxé)

LA DANSE COMMENCE

Numéro de signe : 20210226. À l’ORDRE de : danse du jour pour un MONTANT modulable de : une danse ou une accumulation de gestes ou une improvisation

TALON À DÉTACHER ET CONSERVER

Échanger contre ce signe non endossable sauf au profit d’une interprétation, la SOMME de : une danse ou une accumulation de geste ou une improvisation (en toutes lettres). À/POUR, toi.

Sur le COMPTE de : un corps activé – de la tête aux pieds – par l’exploration et se mouvant de l’endroit qu’il aura choisi.

UNE DANSE OU UNE ACCUMULATION DE GESTES OU UNE IMPROVISATION. Fait à, La Place du Mouvement le 26/02/2021

Signature : une simple intention de corps en spirale, un tranquille des épaules et une oreille attentive.


ÉPOUSER, lue par Félix juste ici

TEMPO : quotidien
ESPACE : maison
FLUX : posé
POIDS : certain 
RELATION : fuite

Ode au vivifiant du froid. Commencer près d’une fenêtre, allongé.e sur le flanc et orteils en éventail.

LA DANSE COMMENCE

À un signal sonore, commencer à rouler pour se retrouver sur le ventre, ne pas oublier d’embarquer complètement hanches et cheveux. Imaginer le sol carrelé. Associer chaque dalles entre elles par un joint d’un centimètre d’épaisseur. Le jeu de cette danse sera de réussir à s’insérer de tout son long dans cet interstice solide. Évaluer pour soi une façon d’accéder au refuge entre dalles qui soit à la fois incisive et confortable. On imagine également que l’action de déroulera dans un temps rapide. Ajouter à cela, une considération toute particulière aux possibles plis que subiront les vêtements pour entrer dans l’espace minuscule. À la manière d’une préparation, écouter pour trois temps la respiration. Lorsque façon a trouvé forme, se lancer dans la réalisation.

Je vais, pour illustrer, vous proposer mon trajet. Je me sens prêt et disponible à investir le mouvement. De la surface peau de mon ventre s’ouvre une grande brèche que je donne à voir en accentuant un rentrée des lombaires, une conséquence d’affaissement des cervicales. Mes yeux se ferment. Je tente par mon nombril de toucher le haut de l’espace joint. Dans cette quête, je me rends compte qu’il m’est pour le moment difficile d’y parvenir sans une poussée sur les bras, coude au sol en point fixe. Je ré-évalue donc mon intinéraire et opte pour un ajustement dans l’instant. 6 secondes passent et la ligne médiane de mon corps se met en rapport avec le creu. J’immobilise ce toucher, calme pour un peu mon souffle et, dans un mouvement que je pensais impossible, parvient à tirer haut et bas du corps jusqu’a l’adapter en une ligne parfaite. Ne me reste plus alors, qu’à attendre le glissé de tout mon long dans l’espace d’entre dalles. J’essaye, dans l’appréciation de ce laisser-aller à la gravité de quantifier grossièrement la durée de l’en surface à l’en fond. J’observe passivement la lumière s’amenuir et laisse m’envahir l’espoir d’une activité plus au chaud dans ce refuge en damier.


DE L’EMPREINTE

TEMPO : andante
ESPACE : site de fouilles
FLUX : aquatique
POIDS : sans poids
RELATION : poreuse

Danse entre le centre et la périphérie.

LA DANSE COMMENCE

Cancer se promène dans l’espace de l’appartement. Des braises sont déposées en son centre. Trois grains de café concassés viennent ponctuer cette danse. Une brume glacé glisse sur la surface intermédiaire.

Cancer court à un danger épineux dans les bas reins, vu vulnérable. L’oreille interne se soulève d’une pente suivie d’une brève odeur de terre. Une brise en écharpe annonce la douceur de la tasse de thé de l’après-midi. Le bassin s’adapte aux modulations de terrain porté au dessus de la terre par la hanche droite. Apparition lointaine et fugace d’une tulipe périphérique n’ayant rien vu rien entendu. Une entêtante disparition de l’odeur du laurier. Lente traversée d’une ligne. Aération et ventilation des espaces. Cancer marque ses territoires. Il y a une inversion du manteau vers la fin de la danse qui se termine par une liberté et une confiance dans toute la longueur de la jambe. Nous imaginons que cette danse est en silence, à l’écoute des bruits ambiants.