BÉLIER

LE CÂLIN

TEMPO : glacial
ESPACE : traversé
FLUX : nul
POIDS : 2 kg
RELATION : grouillante

Commencer debout.

LA DANSE COMMENCE

Poser respectivement main droite dans épaule gauche et main gauche dans épaule droite en croisant les bras sur la poitrine. Utiliser quelques instants pour calmer la posture et sentir le poids de la détente apaiser complétement la ceinture scapulaire. Fermer les yeux. Emmener à la face, la joue gauche ou droite selon préférence. Ne pas baisser le menton ou laisser partir la tête dans un quelconque tombé. Observer maintenant si le bras gauche est bien dessus le bras droit. Accentuer l’accroche à l’épaule et plaquer le coude gauche contre le droit comme pour l’immobiliser. Vérifier le placement des doigts gauche en une file, en rang, sur l’omoplate et à l’inverse lever les doigts droits de la prise et leur faire subir la légère brise qui parcourt l’espace de l’arrière à l’avant. Il est possible de figurer ce plaisir en faisant frétiller, les unes puis les autres et à juste mesure, les pulpes. Un son peut être émis en soulagement cristallin. Si la tête est tournée vers la gauche, pas de chance. Si la tête est tournée vers la droite, chance. Dans les deux cas, investir le souffle dans la direction des phalanges à l’air et voir, ainsi, s’ajouter de l’avant à l’arrière, une brise opposée. Les doigts sont alors traversés des deux côtés, en étau aux vents. Préciser la sensation et laisser le coude droit glisser le long du ventre, puis la taille. Libérer la main qui se pose en appui du bras gauche. Soulever le support pour détacher la pince des doigts gauche sur épaule droite et emmener dans un caressé jusqu’au coude, main gauche dans coude droit et main droite dans coude gauche. Parsemer de quelques moments de frissons en écho au goût de fraîcheur de la danse, jusqu’à ce que, dans la chaleur grandissante de l’autour, le corps se réchauffe pour l’abandon de toute attache.

Finir en prenant quelques pas.


COMME ÇA

TEMPO : instantané
ESPACE : 9m2 minimum
FLUX : forestier
POIDS : quelques mots
RELATION : comique

Pour plusieurs, écriture en variations.

LA DANSE COMMENCE

Du dehors de l’espace, rejoindre le centre par des tours sur soi-même. Une main en « puit », cercle entre pouce et index. S’amuser du rythme, voir l’autour, glisser au sol. Les genoux sont libres, conseil. S’insérer progressivement dans un « pas bouger » avant départ, en formation proche d’une ligne l’un.e derrière l’autre.

Traverser respectivement : 1 – une montée des tranches des mains du ventre à la tête, jambe droite en l’air simultanée. 2 – Un pas de côté, un cercle des mains à l’avant, coude à l’aplomb des épaules, avant-bras en équerre comme pour attraper un cube en face. 3 – Un « puit » en contact avec le nombril, une résonance circulaire comme un bouchon à la surface de l’eau.

Arracher et rompre en tombé, parcourir toute la surface de l’espace à la manière d’un « Voiquéziou », un ensemble de mouvements quotidiens, de préférence en serrés de mains, gorgée de café, regard de longue-vue ou autre décollage de chewing-gum sous la semelle et essayage de chapeau. Des contrepoids en contrepoint, l’un.e ou l’autre des interprètes s’appuie sur un dos, relève d’une poignée, entoure un crâne, envoie valser et tape des mains, gros clap. La ligne des jambes se déforme, les viscères s’agitent, le tronc donne direction. Un, deux, trois pas en boule au sol, se laisser aller à l’arrière, un pouce pousse, il.elle passe entre. Enchainer les points de rencontres, héler si l’autre est loin, se remettre les cheveux et passer au travers d’une porte. S’embarquer à mélanger, écrire en instant-tiens une pause. Pourquoi les lunettes sont-elles par terre ? C’est minutieux. Chercher sur un ton léger des je.ux à étirer en balade. Dans l’action, finir par oublier la scène et habiter ensemble cette danse où l’on se sent libre de partir mais pour laquelle il nous importe de rester, comme ça.


DU TRAVAIL

TEMPO : non renseigné
ESPACE : table
FLUX : maché
POIDS : bondissant
RELATION : équidistante

Danse pour trois interprètes autour d’une table. L’ambiance est plutôt studieuse, comme lors d’une réunion. Il s’agira de se concentrer sur les fondamentaux du parlé-travail.

LA DANSE COMMENCE

Une grande inspiration comme avant d’entamer un long monologue. Un regard pour les autres interprètes, la naissance d’un rire en dilatation du coin des lèvres. Le doigt est en contact avec la feuille disposée à l’avant. On attrape la feuille entre deux doigts en formant une pince, les autres doigts se retirent pour former un éventail. Une tension augmente la surface de contact entre les doigts-presse. La ligne des doigts est rompue et ponctuée par la pliure des phalanges. La peau se tend à l’avant et s’accumule à l’arrière. Les yeux accompagnent et soutiennent la feuille dans son agonie du pincement, l’espace entre les sourcils peut se rétrécir. L’autre main, libre d’une quelconque emprise rejoint et complète par symétrie mimétique le tableau macabre à la feuille. Pensez à garder un léger espace entre les deux pointes des doigts moteurs. La position se fige pour un temps dans l’écoute des ongles. Le débat est tellement animé que la main dernière arrivée commence à ressentir une contrariété qui lui rend le moment insoutenable. Elle engage alors, en déchirant le papier au passage, une fuite agitée et revendicatrice. Aller jusqu’à rompre la feuille en deux, en insistant sur l’avant-chute comme un claqué de porte. Donner place à une légère résonance, garder le morceau en moue et donner l’autre à son/sa voisin.e de droite. La danse prend fin lorsque tous les partis sont fachés. Adapter sa sortie de l’espace à l’ambiance.


DIS MOI, lue par Clément juste ici

TEMPO : inconnu
ESPACE : la cage d'escalier d'un immeuble
FLUX : courant continu
POIDS : entre 65 et 80kg
RELATION : dilettante

La danse se prépare au dernier étage de l’immeuble, dans une position définie par l’interprète. On imagine que l’espace se rempli de terre qui s’étend jusqu’à couler marche après marche.

LA DANSE COMMENCE

Cette danse est le témoignage d’une danseuse au téléphone.

Je commence assise sur la dernière marche, dans une position qui ne m’est pas très précise. Je pense à découper l’éxperimentation en me disant que le haut de l’escalier est plein de mouvements vifs, en accouts et coups. Après ce premier palier, la danse devient très terrienne, lourde. La danse sépare donc une partie haute et une partie basse avec une transition continue. J’utilise des mouvements de boxe qui se baladent dans tout mon corps, les mains ne se ferment pas en poings. Les genoux intensifient le plié. Les mouvements sont collants. Lorsque quelqu’un emprunte l’escalier et me croise, je m’accorde au flux de la personne et joue avec le rythme que me transmet son énergie. Dans ma descente, j’emporte une couverture marron que je porte ou qui me sers de tapis. Pour la deuxième option, attention à ne pas glisser. La danse se termine quand j’arrive en bas de l’escalier, elle dépend de leur longueur. À la suite de celle-ci, je vais, soit prendre l’air soit me doucher.