BALANCE

EN 3D

TEMPO : mesuré
ESPACE : petit
FLUX : tranquille
POIDS : coussin à mémoire de forme
RELATION : propre

Commencer assis.e, présenter son trois-quarts à une face. Les mains l’une dans l’autre, doigts non croisés.

LA DANSE COMMENCE

Dégager les bras du tronc comme pour s’accouder sur le côté. Immobiliser et engager une poussée de l’appui des coudes sur l’air pour se redresser légèrement en gardant le regard posé sur l’horizon. Encourager alors les ischions dans leur mise sur leur pointe. Jouer d’avant-arrière avec le haut du corps pour masser le pli des hanches, l’insertion de la jambe. Enrichir le mouvement en ajoutant un petit non de la tête, ce gauche-droite se construit simultanément à l’avant-arrière. Maintenir les deux, maintenir les deux et, s’attarder sur la respiration. Penser particulièrement l’oesophage, longue colonne, tube, cylindre. Faire entrer et sortir l’air à son rythme. Dessiner mentalement le trajet de celui-ci. Et par le juste fait d’y penser, un haut-bas s’ajoute. Reconnaître la prouesse de combiner à la fois un avant-arrière ou arrière-avant d’ailleurs, un gauche-droite ou droite-gauche d’ailleurs et un haut-bas ou bas-haut d’ailleurs. Poursuivre en fermant puis ouvrant les yeux. Il est possible de dire que cette action est à la fois un bas-haut des paupières mais aussi un arrière-avant du globe oculaire et pourquoi pas, dépendant d’un vent, souffle ou autre, un gauche-droite des cils. Pareil pour l’omoplate, où dans ce temps, je considère un gauche-droite-droite-gauche combiné à l’avant-arrière-arrière-avant du tronc. Ne pas hésiter à prendre de courtes pauses puis continuer, par accumulation et contamination, de se laisser aller aux différents plans, sans pour autant leur donner le bénéfice d’un sagittal, transversal ou frontal. Garder en tête que, dans le plus simple geste d’un balancer, sous l’esprit tranquille de sa forme, le corps tout entier s’agence de précises combinaisons.


EN CERCLE, lue par Caroline juste ici

TEMPO : coulant
ESPACE : commun
FLUX : habillé
POIDS : terrien
RELATION : physique

Danse de préparation, pourquoi pas réveil ou moment de pause.

LA DANSE COMMENCE

Lancer une marche en cercle. Dégager un temps pour vérifier l’état général du corps. La liberté des cervicales, la tension du plexus, l’espace du ventre, le chemin de la colonne, le pas des hanches, l’agitation des cuisses, l’humide des genoux, le composé des pieds. Donner quelques secondes à la respiration, appréhender le trajet du souffle, flécher mentalement les flux, doser qui, comment, quoi entre et qui, comment, quoi sort. Tendre l’oreille pour saluer son interne et tester à l’occasion de se mettre en équilibre sur l’une ou l’autre jambe. Comment voient les yeux ? Effeuiller les contacts entre les cavités orbitaires et les globes. Provoquer la chaleur et l’agacement du nerf optique en usant de mouvements prompts dans toutes les directions. Se rappeler de garder la démarche naturelle et continue, écouter le bruit ou non du talon sur le sol. Ne rien changer. Considérer maintenant la langue dans son insertion en fond de bouche. Se demander le rapport qu’elle entretient avec la mâchoire ou penser et risquer une réponse – dans mon cas – à, d’où lui vient l’habitude de s’allonger sur et contre les dents du bas. Pourquoi lorsque je m’autorise à penser et que ma bouche s’entrouvre, je la fais contrôler les formes des dents au fond à gauche ? Que veut dire « ranger ma langue » ? Depuis quand faut-il la tourner sept fois avant de parler ? Poursuivre dans ce sens… À présent, porter attention sur les aisselles qui, depuis le début et peut être même avant, demandent quelques bouffées pour sortir de leur pli imposé. Libérer la zone par les coudes. Apprécier la légère brise et engager, guidée par les doigts, une extension complète des bras vers le haut. Observer l’apparition complète des dessous, les plis des muscles à leurs naissances, leurs fondus avec le reste des intérieurs. Arrêter l’exposition et baisser le tout, quand dans les mains, le corps a troqué sang contre quelques fourmis. Attraper quelques odeurs de cette mise en mouvement et quitter le cercle en guise de fin.


EN CONTINU

TEMPO : propre ou sale
ESPACE : triangle equilatéral
FLUX : battant
POIDS : parquet flottant
RELATION : modulaire

S’allonger sur le dos

LA DANSE COMMENCE

Les yeux s’ouvrent et se ferment pendant toute la durée de la danse, ne pas aller jusqu’à soufrir d’une quelconque douleur. Se préparer à l’apparition de larmes. Le contenu de l’improvisation est dépendant du confortable de l’ostinato-paupières. Se laisser le plaisir de gouter à l’entièreté des actions de rapprochement et d’écartement, sentir les cils se joindrent, se confondrent, se soutenir et voir un trait se dessiner pour chaque pointe de chacun de ces poils au retour. Couvrir l’oeil pour lui donner forme d’intimité, le laisser apparaitre pour engager un ré-ajustement. Calculer l’intervalle entre l’entrée de la lumiere, la définition de contours, de formes et de couleurs de l’en face et le fondu au noir où l’empreinte de « ce qui s’est passé » nous permet de discerner, encore, quelques rayonnements, de quelques tâches que ce soit. Peut être apprécier attribuer une qualité à ces souvenirs d’un ancien concret. Ne pas briser le rythme. Définir en temps, en un temps, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’engagement du corps dans ce mouvement continu. Essayer de peser le poids de la coque de paupière sur la sphère et le soin de cette dite sphère sur son écrin orbite. S’autoriser à concevoir l’infime instant de vertige que peut éprouver la tête lorsque l’on effectue ce mouvement devenu si « naturel ». Lui en rappeler son sommeil de première heure, son réveil de première fois.


TOUT DOUX

TEMPO : saccadé
ESPACE : kiné-sphère
FLUX : piquant
POIDS : entre ciel et terre
RELATION : linéaire

Cette danse s’effectue dans son abri kiné-sphère. Il est préférable de porter de vêtements ajustés.

LA DANSE COMMENCE

Le corps se réveille « en place », les bras pointent le sol, la tête s’allège d’air. Initier un mouvement de la main dominante vers la ligne centrale du corps. Le pouce se dégage et vient se loger dans le creux nombril. Le ventre se gonfle d’air et expulse la main au plus loin du corps. L’autre bras s’écarte du corps pour entamer une opposition avec le premier. Un tour sur soi même peut être fait. Le buste s’engage dans une torsion pour ajuster complètement la ligne entre les deux mains. La tête résiste à la torsion, les genoux se plient. Les poids se déplace sur la jambe droite qui devient appui et permet au pied gauche de se soulever du sol. Les jumeaux gauche se rapprochent puis entrent en contact avec la rotule droite. Le plié peut être approfondi. Lorsque les tremblements s’intensifient, lâcher la position, revenir « en place » et exécuter la même série de l’autre côté.

La danse se termine lorsque la position a été éprouvée des deux côtés. Ne pas hésiter à prendre un temps immobile de repos avant de terminer.