TOUT S’EFFONDRE, Gémeaux

TEMPO : collapsologue

ESPACE : collapsologue

FLUX : collapsologue

POIDS : collapsologue

RELATION : collapsologue

En signe d’originalité, la danse du jour a été écrite en studio, à la table toujours mais entre quatre murs aux barres, miroirs et autres accessoires. Démarrer de « l’en place ».

LA DANSE COMMENCE

Prendre un temps d’écoute à l’ambiance. Un regard adressé au plafond et une entrée en triangle. Pieds et mains au sol écartés à une distance proche de 80 cm, les jambes sont tendues, le bassin en haut, le dessous des fesses qui demande activement à voir le toit. Un appui fort de toute la surface de la main en aplat. La tête est lâchée, les yeux surveillent le dessous du menton, impossible. On modélise une ligne partant des talons à un repos sur la matière-mur et dans un rapport d’angle avec le sol compris généralement en 50 et 80 degrés. Densifier la présence de cette ligne à mesure que la posture s’ancre profondément, calmement. S’assurer du discours des viscères, ne pas étouffer les plis, laisser les liquides composer les flux et croire les fibres dans leur préhension du dépôt.

On pourrait par la suite imaginer négocier la réalisation de l’exercice périlleux d’un total transfert du poids sur les bras en alignant poignets, épaules, bassin. Moment à prédire comme égouttement du tronc tout entier. Une saveur de contraire, un menu d’inversion qu’on ne réalise qu’en « en-tête », pour l’entêtant élan de virtuosité qu’il pourrait offrir. On mâche ce peut-être pour traduire l’aller vers par un plié dans les genoux. Le tout devient alors fragile et, conséquence du désir projeté, une fissure creuse un des versants de la structure. Les jambes ne répondent que d’une paralysie dans l’attente de la suite. Du ventre aux mains, on pousse pour préparer la chute. Les appuis perdent de plus en plus support, le sol tremble et gronde un glissement. On se résout tant la distance orteils-doigts explosent, le rythme s’accélère. Le corps, forcé en victime des poids, avant socle devient ruines. Il s’effrite, se détache, se brise et s’écroule au sol. Les bruits sourds du choc, du vol en éclat à l’odeur de chaos.

Le tout se dissipe pour révéler un amas qu’on balaye comme poussière et qu’on jette, sans mémoire d’effondrement.