ÉPOUSER, Cancer

TEMPO : quotidien

ESPACE : maison

FLUX : posé

POIDS : certain

RELATION : fuite

Ode au vivifiant du froid. Commencer près d’une fenêtre, allongé.e sur le flanc et orteils en éventail.

LA DANSE COMMENCE

À un signal sonore, commencer à rouler pour se retrouver sur le ventre, ne pas oublier d’embarquer complètement hanches et cheveux. Imaginer le sol carrelé. Associer chaque dalles entre elles par un joint d’un centimètre d’épaisseur. Le jeu de cette danse sera de réussir à s’insérer de tout son long dans cet interstice solide. Évaluer pour soi une façon d’accéder au refuge entre dalles qui soit à la fois incisive et confortable. On imagine également que l’action de déroulera dans un temps rapide. Ajouter à cela, une considération toute particulière aux possibles plis que subiront les vêtements pour entrer dans l’espace minuscule. À la manière d’une préparation, écouter pour trois temps la respiration. Lorsque façon a trouvé forme, se lancer dans la réalisation.

Je vais, pour illustrer, vous proposer mon trajet. Je me sens prêt et disponible à investir le mouvement. De la surface peau de mon ventre s’ouvre une grande brèche que je donne à voir en accentuant un rentrée des lombaires, une conséquence d’affaissement des cervicales. Mes yeux se ferment. Je tente par mon nombril de toucher le haut de l’espace joint. Dans cette quête, je me rends compte qu’il m’est pour le moment difficile d’y parvenir sans une poussée sur les bras, coude au sol en point fixe. Je ré-évalue donc mon intinéraire et opte pour un ajustement dans l’instant. 6 secondes passent et la ligne médiane de mon corps se met en rapport avec le creu. J’immobilise ce toucher, calme pour un peu mon souffle et, dans un mouvement que je pensais impossible, parvient à tirer haut et bas du corps jusqu’a l’adapter en une ligne parfaite. Ne me reste plus alors, qu’à attendre le glissé de tout mon long dans l’espace d’entre dalles. J’essaye, dans l’appréciation de ce laisser-aller à la gravité de quantifier grossièrement la durée de l’en surface à l’en fond. J’observe passivement la lumière s’amenuir et laisse m’envahir l’espoir d’une activité plus au chaud dans ce refuge en damier.