ENTRE POTS, Taureau

TEMPO : coulant

ESPACE : l’intérieur d’un vase

FLUX : répétitif

POIDS : stellaire

RELATION : écoute

Démarrer deux métronomes sur 60 et 80 BPM. Prendre le temps de se déplacer dans l’espace, décider d’un point de départ. Ce point peut être marqué au sol d’une croix.

LA DANSE COMMENCE

Silence, dans l’écoute des métronomes on imagine que le son frappe les parois du vase et crée écho. Battre progressivement le rythme par des contractions de la cuisse droite. Simultanément et dans un temps continu, monter le bras gauche dans la ligne plexus-clavicule, le coude se plie pour laisser la main s’égoutter au dessus de l’épaule. Une sensation de chaleur au niveau du rapprochement doigts-oreille oriente et accapare toute la concentration. Il va s’agir maintenant d’entamer une agitation du poignet comme si l’on voulait par les ongles, vider les mains de tout liquide. Accentuer le geste, ajouter au tapis musical le claquement des os emportés. Le travail de la cuisse prend fin pour investir le corps entier dans l’accélération du va-et-vient. Se renseigner sur la trajectoire des éclaboussures des doigts-geysers et apprécier l’air frais qui évente la joue. La parole se libère pour permettre de garder la danse maitrisée et soutenable. Un long râle surprend et stoppe net toute activité. S’accrocher au continuum des 60 et 80. Prendre le temps d’observer chaque trace des liquides projetés au sol, sur les parois, sur soi et sans doute à l’extérieur. Après une longue inspiration, l’expiration déplace le corps et l’engage dans une récolte de ses pertes. À chaque contact d’un liquide, doser sa texture et lui attribuer un gout avant de l’inviter à remonter. À mesure du remplissage de la peau, sentir le creux du vase se densifier et altérer le ramassage. La danse prend fin lorsque l’interprète se retrouve figé dans cette « densité-ambiance », le souffle est calme comme pour une mise en sommeil.