POUR QUELQUES PLIS, Vierge

TEMPO : pétillant

ESPACE : pluvieux

FLUX : non renseigné

POIDS : trois fois la Recherche de Proust

RELATION : distante

En hommage à l’origami, le corps évolue entre deux fines pages de papier.

LA DANSE COMMENCE

Tout est question de position, on range donc les deux pieds dans un même rail. Les yeux sont appellés vers le ciel, la bouche entrouverte. On apporte une tension à l’image globale en laissant naitre une « demi pointe » pour le pied à l’arrière. Le sang commence à s’activer et nous renseigne sur la condition du bas dos. Une forme de tache se dessine a mesure que le sacrum se rumathise. D’abord, une légère brise vient carresser le pli de l’aisselle rendant difficile la sérenité du paysage. Quelques sons hèlent l’entièrété du tronc. Le périné, en réponse, inscite un afaissement du pied à l’avant. Le corps ne peut s’empêcher d’être emporté et faire se froisser la scénographie-papier. Ensuite, la brise s’intensifie, la température chute pour ne pas manquer l’entrée des grèles. À leur contact, le visage se met à fondre et oblige le menton, devenu solennel, a chercher l’appui du plexus solaire. La chute parait inévitable.

La danse se termine lorsque l’interprète se confond au sol, qu’il ne trouve plus bon de ponctuer sa descente d’élévations et résistances de la part de la peau.